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Paver la voie de la recherche sur le cancer du sein : l’impact d’une biobanque de cancer du sein fondée à l’ICG

À l’occasion de la Journée mondiale du cancer du sein triple négatif (CSTN), nous soulignons à la fois les défis posés par cette maladie agressive et les recherches pionnières menées ici, à l’Institut du cancer Rosalind et Morris Goodman (ICG). Le groupe de génomique fonctionnelle du cancer du sein (BCFGG) est une banque de tissus maintenus pour la recherche et est devenue essentielle à la recherche sur le cancer du sein au Québec et au Canada.

Fondée et dirigée par la Professeure Morag Park, Ph.D., le BCFGG est bien plus qu’un simple inventaire d’échantillons de patientes ; c’est une plateforme qui façonne la médecine translationnelle. Nous nous sommes entretenus avec Hellen Kuasne, Ph.D., responsable de la biobanque, pour en savoir plus sur son impact, en particulier sur la recherche sur le cancer du sein triple négatif.

Un héritage de 25 ans de découvertes

La longévité est une denrée rare dans le monde en constante évolution de la recherche médicale. Créé il y a plus de 25 ans, le BCFGG a, jusqu’à maintenant, collecté plus de 2 400 échantillons de cancer du sein, tous liés à des données cliniques, à des réponses aux traitements et au résultats des patientes.

Alors que de nombreuses biobanques offrent des échantillons figés dans le temps, le BCFGG fournit des histoires complètes. Les données supplémentaires sur les résultats cliniques, la réponse aux traitements, et d’autres caractéristiques cliniques offrent une profondeur longitudinale particulièrement puissante. Ces données additionnelles permettent aux scientifiques de mener des analyses de survie robustes et d’identifier les signatures moléculaires associées aux résultats à long terme, aux récidives tardives et à la progression de la maladie.

« De nombreux échantillons sont associés à plus d’une décennie de suivi clinique, ce qui permet d’effectuer des analyses de survie robustes et d’identifier les caractéristiques moléculaires associées aux résultats à plus long terme, ce que les biobanques plus récentes ne peuvent offrir », note Hellen.

Pionnier de la médecine de précision pour le CSTN

Le cancer du sein triple négatif (CSTN) reste l’un des sous-types les plus difficiles à traiter en raison de l’absence de récepteurs traditionnels et son haut taux de métastases. Le BCFGG s’est positionné à l’avant-garde de cette lutte en développant une ressource unique de modèles précliniques. Les modèles précliniques sont des systèmes expérimentaux de laboratoire utilisés pour reproduire la biologie humaine afin de tester des traitements et de prédire les réponses. La collection du BCFGG comprend 65 xénogreffes dérivées de patientes atteintes d’un cancer du sein, 10 systèmes organoïdes et 12 lignées cellulaires établies.

Ces modèles sont principalement dérivés du CSTN, y compris des tumeurs résistantes aux traitements et des maladies métastatiques. Pourquoi est-ce important ? Les xénogreffes et les organoïdes dérivés de patientes sont de plus en plus essentiels, car ils reproduisent fidèlement les caractéristiques des tumeurs primaires d’origine, y compris leur réponse aux médicaments. Par exemple, le groupe de recherche de la Professeure Park utilise actuellement ces modèles pour étudier les mécanismes de résistance aux médicaments de chimiothérapie standard et aux nouveaux composés anticorps-médicaments conjugués récemment approuvés.

Cartographie du microenvironnement tumoral

Pour avoir les meilleures chances de vaincre le cancer, nous devons comprendre son environnement. Au cours des 20 dernières années, le BCFGG a développé une expertise de classe mondiale en matière de profilage moléculaire. À ce jour, plus de 600 échantillons de cancer du sein ont été caractérisés sur le plan moléculaire.

Ils et elles utilisent désormais la transcriptomique spatiale haute définition, des technologies de pointes telles que Visium HD, Xenium et GeoMx/CosMx, pour cartographier la tumeur et le microenvironnement immunitaire avec une précision hors du commun. En intégrant le séquençage génomique complet (évalué à 400 échantillons) aux données transcriptomiques, ils et elles identifient de nouvelles vulnérabilités du cancer qui peuvent être ciblées par les thérapies de nouvelle génération.

Une puissance collaborative

Le succès du BCFGG repose sur des partenariats solidement établis. Soutenue par la Fondation du cancer du sein du Québec, le Réseau de recherche sur le cancer (RRC) du FRQS et intégré au Réseau canadien de banques de tissus (CTRNet), la biobanque veille à ce que les chercheuses et les chercheurs partout au Canada aient accès aux échantillons biologiques dont ils et elles ont besoin pour améliorer les soins aux patientes.

La gestion d’une opération d’une telle envergure nécessite une interface transparente entre la science et l’administration, et c’est là qu’intervient Hellen Kuasne. Depuis 2021, elle coordonne les activités de la biobanque avec la plateforme de biobanques du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et l’ICG. Cela comprend la supervision des cadres éthiques et réglementaires, la gestion des accords de transfert de matériel (MTAs) et la garantie d’un accès efficace à des échantillons de haute qualité pour les utilisateurs et utilisatrices. La collaboration avec les clinicien·nes du CUSM et de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal permet également d’assurer le recrutement et l'acquisition d'échantillons.

Perspectives pour l’avenir

Alors que nous célébrons la Journée mondiale du cancer du sein triple négatif, le BCFGG reste déterminé à percer les secrets que contiennent ses plus de 2 400 échantillons. En se concentrant sur les sous-types rares et les tumeurs résistantes aux traitements, le BCFGG ne se contente pas de collecter des données, ils et elles établissent la feuille de route pour l’avenir des traitements du cancer du sein.

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