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Mois de la sensibilisation du cancer du sein : une nouvelle étude de l’ICG identifie un moyen d’empêcher la propagation du cancer du sein à un stade précoce

Le cancer du sin est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes canadiennes, et une femme sur huit recevra un diagnostic au cours de sa vie. Octobre Rose, ou le mois de la sensibilisation au cancer du sein, est une occasion de célébrer les progrès accomplis et réfléchir sur le travail qu’il reste à accomplir pour éradiquer le cancer.

Cette année, l’Institut du cancer Rosalind & Morris Goodman (ICG) souligne une nouvelle étude sur le cancer du sein précoce menés par William Muller, chercheur à l’ICG, et son équipe. Cette étude révèle une nouvelle cible thérapeutique qui pourrait aider les clinicien·nes à mieux traiter et prévenir la maladie invasive.

Pourquoi le cancer du sein précoce est-il important ? : le carcinome canalaire in situ

La forme la plus précoce du cancer du sein, appelée « stade 0 », est également connue sous le nom de carcinome canalaire in situ (CCIS). Dans le CCIS, les cellules anormales, ou pré-cancéreuses, demeurent contenues dans le canal mammaire, et elles ne se sont pas encore propagées dans le tissu mammaire environnant. Le CCIS représente jusqu’à 25% des nouveaux cas de cancer du sein diagnostiqués. On estime que 10 à 50 % de ces patientes développeront une forme invasive de la maladie si elles ne reçoivent pas de traitement. 

Le principal défi pour les chercheur·es et clinicien·nes reste à déterminer avec certitude quelles patientes développeront un cancer invasif et lesquelles resteront au stade précoce. Comme les médecins ne peuvent pas encore distinguer ces deux groupes, toutes les patientes reçoivent souvent des traitements relativement agressifs comme la chirurgie et la radiothérapie, même si certaines n’auraient jamais connu de progression de la maladie. Être capable d’identifier les patientes à risque de progression demeure donc essentiel pour éviter des traitements inutiles à celles qui n’en ont pas besoin, améliorant ainsi la qualité de vie et allégeant le fardeau des soins.

Une nouvelle façon d’identifier les patientes à risque de maladie invasive

Le professeur William Muller et son équipe, menée par Tarek Taifour, étudiant au programme MD-PhD, ont identifié un nouveau mécanisme par lequel le CCIS progresse en cancer du sein invasif. Publiée dans Cell Reports Medicine, l’étude intitulée Neutrophil elastase-mediated myoepithelial loss is a therapeutic vulnerability in ductal carcinoma in situ progression (La perte myoépithéliale induite par l’élastase neutrophile constitue une vulnérabilité thérapeutique dans la progression du carcinome canalaire in situ – traduction libre), s’intéresse à deux actrices clés : les cellules myoépithéliales, qui agissent comme une barrière protectrice contre le cancer invasif, et une enzyme appelée élastase neutrophile, qui entraîne la perte myoépithéliale.

Les cellules myoépithéliales forment une couche de cellules autour du canal mammaire, là où la majorité des cancers du sein se forment. Cette couche agit comme une barrière, empêchant les cellules cancéreuses d’envahir les tissus environnants. La perte de cette barrière constitue une étape essentielle dans la progression vers un cancer du sein invasif.

Tarek et ses collègues ont identifié l’élastase neutrophile, une enzyme libérée par des cellules immunitaires appelées neutrophiles, comme une menace importante pour les cellules myoépithéliales. Cette enzyme dégrade la fine membrane qui les entoure et les soutient. Les neutrophiles sont parmi les premiers répondants du système immunitaire en cas d’infection; ils ciblent généralement les envahisseurs tels que les bactéries ou les infections fongiques. L’équipe de recherche a découvert que de bloquer l’élastase neutrophile dans des cultures cellulaires en laboratoire (in vitro) et chez des animaux vivants (in vivo) permettait de restaurer la couche myoépithéliale et d’empêcher le cancer de progresser et de se propager dans d’autres parties du corps.

Les auteur·es ont également constaté des taux nettement plus élevés d’élastase neutrophile chez les patientes atteintes d’un cancer du sein précoce dont la tumeur s’est ensuite propagée, par rapport à celles dont la tumeur n’a pas évolué. Les patientes dont les tumeurs contenaient des niveaux plus élevés de l’enzyme ont également connu des résultats cliniques moins favorables.

Ces résultats suggèrent que l’élastase neutrophile pourrait constituer une nouvelle cible thérapeutique pour le cancer du sein. Elle pourrait également servir de biomarqueur (un signal biologique mesurable) pour distinguer les cas de CCIS susceptibles de devenir invasifs et de ceux qui ne le sont pas.

Pourquoi chercher de nouveaux traitements pour un cancer du sein précoce potentiellement inoffensif ?

Le CCIS ne représente pas une menace immédiate pour la vie de la patiente. Cependant, il peut devenir invasif et se propager à d’autres parties du corps, et à ce moment il peut menacer la vie de la patiente. C’est pourquoi le Professeur Muller et son équipe de recherche se sont donné pour mission de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouveaux biomarqueurs pour ce stade précoce de cancer du sein, et c’est l’élastase neutrophile qu’ils et elles ont découvertes. 

Tarek ajoute : « À l’avenir, l’identification des CCIS présentant un taux élevé d’élastase neutrophile pourrait aider à distinguer les patientes avec un risque accru de progression de la maladie. Cibler l’élastase neutrophile pourrait potentiellement prévenir l’invasion avant que la maladie ne devienne plus difficile à traiter. » Ces résultats sont très prometteurs pour les femmes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce et pourraient alléger le fardeau thérapeutique.

Des études comme celle de Tarek témoignent de l’engagement des chercheurs et chercheuses de l’ICG à améliorer les résultats cliniques et al qualité de vie de tous·tes les patient·es atteint·es de cancer, quel que soit le stade de la malade au moment du diagnostic, ainsi que de leur détermination à acquérir les connaissances nécessaires pour trouver le #savoirpourguérir.

Pour lire l’étude dans son intégralité (en anglais seulement) : https://www.cell.com/cell-reports-medicine/fulltext/S2666-3791(26)00467-2  
 

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