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Faits saillants de la recherche 2025 : cap sur l’avenir des découvertes

Surmonter la résistance aux traitements dans le cancer de la prostate

Vincent Giguère, PhD.

La résistance aux traitements demeure l’un des défis les plus pressants dans le cancer de la prostate, en particulier lorsque les tumeurs évoluent vers le sous-type neuroendocrinien agressif. Dans une étude publiée dans Genes & Development, le professeur Vincent Giguère et son équipe ont mis en évidence le rôle essentiel du facteur de transcription ERRγ dans le freinage de cette transition létale.

À l’aide d’échantillons de patients et de modèles murins génétiquement modifiés, les chercheurs ont montré que l’activité d’ERRγ est perdue dans le cancer de la prostate neuroendocrinien, en particulier dans les tumeurs présentant une perte fonctionnelle du suppresseur tumoral PTEN. ERRγ, un régulateur du métabolisme énergétique cellulaire et proche parent du récepteur des androgènes, agit comme un frein moléculaire à la progression de la maladie. Le rétablissement de l’expression d’ERRγ a inversé la différenciation neuroendocrinienne dans des cellules humaines de cancer de la prostate, établissant un lien direct entre sa perte et l’agressivité tumorale.

Des analyses transcriptomiques et métabolomiques intégrées ont permis d’identifier RET et EZH2 comme des effecteurs clés activés lorsque l’ERRγ est perdu. L’inhibition combinée de RET et d’EZH2 a entraîné une activité antitumorale accrue dans des modèles précliniques, suggérant une stratégie thérapeutique potentielle pour des patients disposant de peu d’options de traitement efficaces. Cette découverte s’inscrit dans un programme plus large mené au sein du laboratoire du professeur Giguère, axé sur les mécanismes transcriptionnels et épigénétiques qui sous-tendent la progression et la résistance du cancer de la prostate.

Cibler les moteurs métaboliques des métastases

Peter Siegel, PhD.

Les métastases demeurent la principale cause de décès liés au cancer, et le laboratoire du professeur Peter Siegel cherche à comprendre comment les adaptations métaboliques permettent aux tumeurs de se propager vers des organes spécifiques. Des travaux mis en lumière par les IRSC en 2025 ont montré que la modification du métabolisme des cellules cancéreuses peut limiter le potentiel métastatique, révélant de nouvelles vulnérabilités susceptibles d’être exploitées à des fins thérapeutiques.

S’appuyant sur des découvertes publiées en 2024, le laboratoire a fait progresser, en 2025, le développement préclinique de conjugués anticorps–médicament ciblant la claudine-2 pour le cancer colorectal métastatique au foie, illustrant comment la biologie fondamentale peut orienter la conception de stratégies thérapeutiques ciblées.

Grâce à un nouveau financement de la Société canadienne de recherche sur le cancer, l’équipe étudie désormais le rôle de la protéine PDLIM7 dans la régulation de l’autophagie dans le cancer du sein triple négatif métastatique, dans le but d’identifier des mécanismes susceptibles de freiner la progression métastatique.

Pris ensemble, ces travaux illustrent comment la recherche axée sur la découverte façonne la prochaine génération d’approches pour lutter contre les maladies agressives.

Déterminer qui bénéficie de l’immunothérapie dans le mélanome

Ian Watson, PhD.

Malgré les succès de l’immunothérapie dans le mélanome, de nombreux patients n’y répondent pas. En 2025, le laboratoire du professeur Ian Watson a publié une étude clé dans Cell Reports démontrant que la perte du suppresseur tumoral NF1 perturbe la régulation de PD-L1, permettant aux tumeurs d’échapper au contrôle immunitaire.

Cette découverte élargit le cadre biologique de compréhension de l’échappement immunitaire dans le mélanome et suggère que les thérapies anti-PD-1 pourraient être pertinentes dans un éventail plus large de cancers porteurs de mutations de NF1. À l’aide d’approches génomiques, spatiales et moléculaires intégrées, le laboratoire continue d’examiner comment la génétique tumorale influence la visibilité immunitaire.

Prolongeant ces travaux à l’échelle nationale, le professeur Watson codirige un projet pancanadien financé par le MOHCCN, intégrant de vastes ensembles de données génomiques sur le cancer afin d’identifier des mutations de faible fréquence qui influencent la réponse à l’immunothérapie — rapprochant ainsi l’oncologie de précision de la réalité clinique.

Accélérer l’innovation pour les cancers rares

Morag Park, PhD.

En 2025, la professeure Morag Park a codirigé, avec Mark Lathrop, le lancement de l’Initiative Jerry Pelletier : innovations diagnostiques et thérapeutiques pour les cancers rares, un programme financé par le DNA-to-RNA visant à combler des lacunes critiques dans le diagnostic et le traitement de cancers peu étudiés.

L’initiative intègre des approches avancées de profilage génomique, transcriptomique, unicellulaire et spatial, combinées à des modèles dérivés de patients, afin d’identifier rapidement des biomarqueurs et de tester des thérapies candidates. En reliant les trajectoires de la clinique au laboratoire puis de nouveau à la clinique, le programme accélère la traduction des connaissances moléculaires en stratégies pertinentes pour les patients. S’appuyant sur les contributions fondamentales de Jerry Pelletier à la biologie de l’ARN, l’initiative applique des approches fondées sur l’ARN et l’oncologie de précision à des cancers longtemps négligés par les pipelines de recherche traditionnels.

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