Aujourd’hui, la plupart des immunothérapies sont administrées par perfusion intraveineuse et circulent dans l’ensemble de l’organisme. Si cette approche est efficace, elle peut également activer le système immunitaire dans des tissus sains.
Publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le 20 janvier 2026, l’étude décrit un nouveau système d’administration thérapeutique issu de l’ingénierie, développé par des chercheuses et chercheurs de l’Institut de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman et du Département de génie biomédical. Cette approche vise à reprogrammer de façon sélective le microenvironnement immunitaire des ganglions lymphatiques métastatiques, un site fréquent de propagation du cancer. Plutôt que de diffuser le traitement dans tout l’organisme par une immunothérapie intraveineuse classique, la stratégie consiste à encapsuler une immunothérapie existante, l’anti-PD-1, dans de minuscules vecteurs conçus pour se rendre aux ganglions lymphatiques et libérer le médicament uniquement lorsqu’ils détectent l’environnement chimique propre aux tissus atteints par le cancer. L’anti-PD-1 agit en levant les « freins » imposés par le cancer aux cellules immunitaires, leur permettant d’attaquer les tumeurs; cette approche ciblée vise ainsi à accroître l’efficacité du traitement tout en réduisant les effets indésirables dans le reste de l’organisme.
Ces travaux sont particulièrement importants, car les métastases ganglionnaires sont agressives, difficiles à traiter et souvent prises en charge par chirurgie, malgré le rôle essentiel des ganglions lymphatiques comme centres d’activation et d’éducation du système immunitaire. En permettant une libération localisée de l’immunothérapie au sein des ganglions lymphatiques métastatiques, l’étude propose une stratégie d’immuno-ingénierie sélective qui réactive l’immunité antitumorale locale tout en épargnant les tissus sains, avec le potentiel d’améliorer la sécurité et l’efficacité de l’immunothérapie dans plusieurs types de cancers.
Plus largement, cette étude illustre l’importance croissante de l’ingénierie en recherche sur le cancer. À mesure que la biologie du cancer, l’immunologie, la science des matériaux et la nanotechnologie convergent, des approches multidisciplinaires et collaboratives permettent de concevoir des thérapies non seulement plus puissantes, mais aussi plus précises, ciblées et sécuritaires pour les patients.
Les travaux ont été dirigés par la première auteure Yueang Dang, PhD, sous la supervision de Guojun Chen, PhD, professeur au Département de génie biomédical et membre de l’Institut de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman.
Pour en lire plus: https://www.pnas.org/doi/epdf/10.1073/pnas.2519625123